Comment fonctionne la retraite du chirurgien-dentiste ?
Le chirurgien-dentiste libéral cotise à la CARCDSF (Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes). Sa pension se construit sur trois régimes obligatoires, ce qui en fait l'une des retraites libérales les plus exposées à la chute de revenus.
Comme pour les médecins, la part conventionnée — la PCV — ajoute un étage utile mais dépendant de votre statut : bien le comprendre évite les mauvaises surprises au moment de la liquidation.
Trois régimes obligatoires
- Le régime de base (CNAVPL) — par points, commun aux professions libérales (valeur du point revalorisée périodiquement).
- Le régime complémentaire CARCDSF — par points, avec une valeur de point revalorisée périodiquement. C'est le principal contributeur à la pension.
- La PCV (Prestation Complémentaire de Vieillesse) — réservée aux praticiens conventionnés, en partie financée par l'Assurance Maladie.
Des cotisations conséquentes
L'effort de cotisation est élevé : environ une cotisation proportionnelle sur la première tranche de revenu pour la base (complétés d'une part sur le revenu total), de l'ordre de une part proportionnelle pour la complémentaire (entre 0,65 et 5 PASS), auxquels s'ajoute la PCV (une part forfaitaire d'environ un forfait revalorisé périodiquement et une part proportionnelle). D'où l'intérêt d'optimiser chaque levier disponible.
Comme l'ASV des médecins, la PCV est cofinancée par l'Assurance Maladie pour les dentistes conventionnés. Votre statut conventionnel influence donc directement une part de votre future pension — un point à intégrer dans toute projection.
Âge de départ et taux plein
La réforme de 2023 s'applique aux dentistes : l'âge légal est de 64 ans et le taux plein s'obtient à 67 ans (ou 172 trimestres). En cas de cumul emploi-retraite, les cotisations restent dues et peuvent ouvrir des droits à une seconde pension, dans la limite des plafonds applicables.
Le vrai enjeu : une chute marquée
C'est l'un des écarts les plus importants chez les libéraux. Le revenu moyen déclaré d'un chirurgien-dentiste atteint 112 800 € par an, tandis que la pension moyenne servie par la CARCDSF est de 34 450 € par an (soit ≈ 2 870 € par mois). La baisse de niveau de vie dépasse fréquemment 50 %, et approche 70 % pour les revenus élevés.
Réversion et prévoyance
En cas de décès, le conjoint peut bénéficier d'une pension de réversion, dont les règles varient selon les régimes concernés, sous conditions. La CARCDSF gère aussi un régime invalidité-décès, qui n'a pas vocation à remplacer un contrat de prévoyance individuel, souvent nécessaire pour protéger la famille pendant la vie active.
Les leviers d'optimisation
- Le Plan d'Épargne Retraite (PER) — déductible, il prend le relais des anciens contrats Madelin et reste le complément naturel d'une pension obligatoire structurellement basse.
- La préparation de la cession du cabinet — un actif souvent significatif, à valoriser et céder au bon moment.
- Le report du départ — pour limiter toute minoration de la base et viser le taux plein.
- L'optimisation de la CSG — son taux sur la pension dépend du revenu fiscal de référence.
La simulation met en évidence l'ampleur de l'écart ; un conseiller peut ensuite dimensionner le PER et caler le calendrier de cession.
Sources : CARCDSF, CNAVPL (paramètres et chiffres en vigueur). Les montants moyens sont des ordres de grandeur et ne constituent pas une simulation individuelle.