Comment fonctionne la retraite du consultant IT ?
Le consultant IT indépendant (entreprise individuelle, EURL ou micro-entreprise) relève de la SSI (Sécurité sociale des indépendants), désormais gérée par l'Assurance retraite. Sa pension repose sur deux régimes : une retraite de base calculée comme au régime général, et la retraite complémentaire des indépendants (RCI), par points. Mais une décision en amont change tout : le choix de la structure juridique.
Le statut juridique détermine le régime
- Micro-entreprise, EI ou EURL (gérant majoritaire) — vous êtes travailleur non salarié : SSI et RCI, charges plus légères mais retraite plus mince.
- SASU (président) ou portage salarial — vous êtes assimilé salarié : régime général + Agirc-Arrco, charges plus lourdes mais meilleure accumulation de droits.
C'est la première décision retraite d'un consultant IT. En EURL/EI/micro, vous cotisez à la SSI (RCI) ; en SASU, vous relevez du régime salarié (Agirc-Arrco). Le bon choix dépend de votre niveau de revenu, de votre besoin de trésorerie et de votre horizon — un consultant installé avant 2019 peut par ailleurs être resté à la CIPAV.
Les deux régimes de la SSI
La retraite de base suit la formule du régime général : une cotisation proportionnelle au revenu, dans la limite du plafond, avec une cotisation réduite au-delà ; la pension dépend du revenu annuel moyen des 25 meilleures années, du taux (50 % au plus) et de la durée d'assurance. La RCI fonctionne par points : valeurs d'achat et de service fixées chaque année, pour un rendement décroissant.
Le vrai enjeu : une base plafonnée
Point crucial pour les consultants bien rémunérés : la retraite de base ne prend en compte vos revenus que dans la limite du PASS. Au-delà, vous ne cotisez quasiment plus pour la base. Un consultant à 70 000 € ou 100 000 € de revenu voit donc son taux de remplacement s'effondrer — la RCI ne compensant que partiellement. À la clé, une baisse de niveau de vie qui dépasse souvent 60 %.
Les leviers d'optimisation
- Le choix (et l'évolution) de la structure — micro, EURL ou SASU : à arbitrer selon le revenu et l'horizon de départ.
- Le Plan d'Épargne Retraite (PER) — déductible du revenu, c'est le complément naturel face à une base plafonnée.
- Le rachat de trimestres — utile en cas d'années en micro à faible validation ou de carrière mixte.
- Le report du départ — pour viser le taux plein et accumuler des points RCI.
La simulation chiffre l'écart en quelques minutes ; un conseiller peut ensuite arbitrer la structure et calibrer le PER.
Sources : SSI / Assurance retraite, RCI (paramètres en vigueur). Les montants moyens sont des ordres de grandeur et ne constituent pas une simulation individuelle.