Comment fonctionne la retraite du commissaire aux comptes ?
Le commissaire aux comptes (CAC) libéral relève de la CAVEC — la même caisse que les experts-comptables, comme l'indique son nom (Caisse d'Assurance Vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux comptes). Sa retraite repose sur deux régimes par points : la base (CNAVPL) et la complémentaire CAVEC. Mais sa profession a été profondément remodelée par la loi PACTE — ce qui change la donne pour anticiper.
La même caisse que l'expert-comptable
Le régime est identique à celui des experts-comptables : une base par points (CNAVPL) et une complémentaire CAVEC organisée en classes (de A à I), avec une valeur de point revalorisée périodiquement et un excellent rendement. Comme pour l'EC, le taux plein de la complémentaire est atteint dès 65 ans, et la réversion est accordée sans condition de ressources.
Beaucoup de professionnels exercent les deux activités. Mais ils cotisent à la CAVEC sur l'ensemble de leurs revenus, au sein d'un seul compte de points : exercer à la fois comme expert-comptable et commissaire aux comptes n'ouvre pas deux pensions distinctes.
Une profession remodelée par la loi PACTE
Le relèvement des seuils d'audit (loi PACTE en 2019, puis décret de 2024 alignant la France sur les standards européens) a supprimé l'obligation de certification pour de nombreuses PME. Conséquences : moins de mandats, une activité plus volatile, et des mandats parfois limités à 3 ans. À l'inverse, la certification des informations de durabilité (CSRD) ouvre un nouveau relais d'activité. Dans ce contexte de revenus moins prévisibles, anticiper sa retraite devient d'autant plus stratégique.
Le vrai enjeu : la chute de revenus
Avec un revenu d'activité souvent autour de 90 000 € par an et une pension de carrière complète de l'ordre de 3 000 € par mois, la baisse de niveau de vie approche 60 %. Le montant final dépend fortement des classes cotisées et de la régularité de l'activité au fil de la carrière.
Les leviers d'optimisation
- L'option en classe supérieure — le levier le plus spécifique à la CAVEC, d'autant plus pertinent vu le rendement du régime.
- Le PER — déductible du revenu, utile pour lisser une activité devenue plus variable.
- L'arbitrage de la date de départ — en tenant compte du taux plein à 65 ans de la complémentaire.
- L'anticipation de la cession — portefeuille de mandats, parts de cabinet d'audit : à préparer plusieurs années à l'avance.
La simulation chiffre votre écart et compare les scénarios ; un conseiller peut ensuite calibrer l'option de classe et le PER.
Sources : CAVEC, CNAVPL (paramètres en vigueur) ; loi PACTE et décret du 28 février 2024 sur les seuils d'audit. Les montants moyens sont des ordres de grandeur et ne constituent pas une simulation individuelle.