Comment fonctionne la retraite du kinésithérapeute ?
Le masseur-kinésithérapeute libéral cotise à la CARPIMKO, la caisse des auxiliaires médicaux. Sa retraite combine quatre régimes — dont trois constituent la pension — et reste, de l'aveu même de la caisse, peu généreuse : l'anticipation est ici déterminante.
Bonne nouvelle : les cotisations sont intégralement déductibles, ce qui rend les solutions de complément particulièrement efficaces.
Quatre régimes, trois pour la pension
- Le régime de base (CNAVPL) — par points, une cotisation proportionnelle au revenu, à taux principal jusqu'au plafond puis réduit au-delà (valeur du point revalorisée périodiquement).
- Le régime complémentaire CARPIMKO — par points, souvent la part la plus importante de la pension.
- L'ASV (Avantage Social Vieillesse) — réservé aux conventionnés, cofinancé pour deux tiers par l'Assurance Maladie.
- Le régime invalidité-décès — cotisation forfaitaire unique (forfait revalorisé périodiquement), qui ne génère pas de pension de retraite.
La réforme de la complémentaire
Depuis cette réforme, la retraite complémentaire CARPIMKO est devenue intégralement proportionnelle : le forfait disparaît au profit d'un taux unique proportionnel sur les revenus compris entre 0,5 et 3 PASS. Les points sont désormais attribués selon le montant cotisé (valeur du point revalorisée périodiquement) : plus vous cotisez, plus vous accumulez de droits — et inversement.
Pour un kinésithérapeute conventionné (secteur 1), l'Assurance Maladie finance les deux tiers de la cotisation ASV. Ce régime ajoute généralement 200 à 400 € bruts par mois pour une carrière complète — mais il dépend de votre conventionnement.
Âge de départ et taux plein
L'âge légal est de 64 ans et le taux plein s'obtient à 67 ans (ou avec 172 trimestres). Une minoration s'applique en cas de durée incomplète ; à l'inverse, prolonger l'activité permet d'acquérir davantage de points sur les trois régimes de pension.
Le vrai enjeu : une pension modeste
Avec un revenu d'activité souvent autour de 45 000 € par an et une pension de l'ordre de 1 500 € par mois pour une carrière complète, la baisse de niveau de vie approche 60 %. La CARPIMKO n'étant pas un régime généreux, le complément personnel mérite d'être anticipé.
Les leviers d'optimisation
- Le Plan d'Épargne Retraite (PER) — déductible dans la limite du plafond fiscal, il remplace les anciens contrats Madelin et constitue un levier fréquemment utilisé pour un kiné.
- Le report du départ — pour limiter la minoration et accumuler des points supplémentaires.
- Le rachat de trimestres — utile en cas de carrière courte, tardive ou interrompue.
- Une prévoyance adaptée — les indemnités CARPIMKO ne couvrent qu'à partir du 91e jour d'arrêt.
La simulation chiffre l'écart à combler en quelques minutes ; un conseiller peut ensuite dimensionner le PER et la prévoyance.
Sources : CARPIMKO, CNAVPL (paramètres, réforme de la complémentaire). Les montants moyens sont des ordres de grandeur et ne constituent pas une simulation individuelle.