Comment fonctionne la retraite de l'orthoptiste ?
L'orthoptiste libéral cotise à la CARPIMKO, la caisse des auxiliaires médicaux (comme les infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes et pédicures-podologues). Sa retraite combine quatre régimes (base, complémentaire, ASV et invalidité-décès). Sa singularité : beaucoup d'orthoptistes exercent en mixte — salariés en cabinet d'ophtalmologie et libéraux — ce qui partage leur carrière entre deux régimes de retraite.
Quatre régimes, trois pour la pension
- Le régime de base (CNAVPL) — par points, une cotisation proportionnelle au revenu, à taux principal jusqu'au plafond puis réduit au-delà.
- Le régime complémentaire CARPIMKO — par points, la part la plus importante de la pension.
- L'ASV (Avantage Social Vieillesse) — l'orthoptiste étant conventionné, l'ASV joue pleinement : l'Assurance Maladie en finance les deux tiers.
- Le régime invalidité-décès — cotisation forfaitaire unique (forfait revalorisé périodiquement).
La réforme de la complémentaire
Depuis cette réforme, la complémentaire CARPIMKO est intégralement proportionnelle : un taux unique proportionnel sur les revenus compris entre 0,5 et 3 PASS remplace l'ancien forfait. Les points dépendent désormais du montant cotisé (valeur du point revalorisée périodiquement) : une activité libérale réduite acquiert moins de droits.
L'orthoptiste salarié en cabinet d'ophtalmologie cotise au régime général (avec l'Agirc-Arrco), tandis que son activité libérale relève de la CARPIMKO. Les droits se répartissent entre ces régimes : reconstituer sa carrière tous régimes est essentiel pour ne perdre ni trimestres ni points au moment de liquider.
Une profession en expansion
La pénurie d'ophtalmologistes a élargi le rôle de l'orthoptiste : protocoles organisationnels (délégation d'actes), montée des niches (basse vision, pédiatrie et troubles DYS, neuro). Les revenus libéraux peuvent ainsi progresser — un orthoptiste libéral gagne en moyenne autour de 3 500 € par mois, contre environ 2 100 € pour un salarié. Mais cette dynamique de revenus ne se traduit pas mécaniquement en pension : encore faut-il l'anticiper.
Le vrai enjeu : une pension modeste
Avec un revenu d'activité (BNC) souvent autour de 42 000 € par an et une pension de l'ordre de 1 300 € par mois pour une carrière complète, la baisse de niveau de vie approche 60 %. Le complément personnel mérite d'être anticipé.
Les leviers d'optimisation
- Le Plan d'Épargne Retraite (PER) — déductible dans la limite du plafond fiscal, il a remplacé le Madelin et reste un levier fréquemment utilisé.
- La reconstitution de la carrière mixte — pour récupérer trimestres et points entre régime général et CARPIMKO.
- Une prévoyance adaptée — les indemnités CARPIMKO ne démarrent qu'au 91e jour d'arrêt.
- Le rachat de trimestres et le report du départ — pour viser le taux plein et accumuler des points.
La simulation chiffre l'écart en quelques minutes ; un conseiller peut ensuite calibrer le PER et la prévoyance.
Sources : CARPIMKO, CNAVPL (paramètres, réforme de la complémentaire). Les montants moyens sont des ordres de grandeur et ne constituent pas une simulation individuelle.