Comment fonctionne la retraite de l'orthophoniste ?
L'orthophoniste libéral cotise à la CARPIMKO, la caisse des auxiliaires médicaux. Sa retraite combine quatre régimes — dont trois constituent la pension — mais cette dernière ne représente en moyenne que 30 à 40 % du dernier revenu d'activité. À cette modestie s'ajoute une spécificité : une profession très féminisée, aux carrières souvent fractionnées.
Quatre régimes, trois pour la pension
- Le régime de base (CNAVPL) — par points, une cotisation proportionnelle au revenu, à taux principal jusqu'au plafond puis réduit au-delà.
- Le régime complémentaire CARPIMKO — par points, la part la plus importante de la pension.
- L'ASV (Avantage Social Vieillesse) — pour les conventionnées (la quasi-totalité), cofinancé aux deux tiers par l'Assurance Maladie.
- Le régime invalidité-décès — cotisation forfaitaire unique (forfait revalorisé périodiquement).
La réforme de la complémentaire
Depuis cette réforme, la complémentaire CARPIMKO est intégralement proportionnelle : un taux unique proportionnel sur les revenus compris entre 0,5 et 3 PASS remplace l'ancien forfait. Les points dépendent désormais du montant cotisé (valeur du point revalorisée périodiquement) : les années à faibles revenus pèsent directement sur les droits acquis.
L'orthophonie est une profession très féminisée. Temps partiel, congés maternité et interruptions de carrière réduisent à la fois les trimestres validés et les points acquis. Penser aux trimestres « maternité » et « éducation des enfants », et au rachat de trimestres, est ici particulièrement déterminant.
Âge de départ et taux plein
L'âge légal est de 64 ans et le taux plein s'obtient à 67 ans (ou avec 172 trimestres). Une minoration s'applique en cas de durée incomplète — un risque accru lorsque la carrière a été interrompue. À l'inverse, prolonger l'activité permet d'acquérir des points supplémentaires.
Le vrai enjeu : une pension modeste
Les charges des orthophonistes sont faibles (environ 29 %), si bien que le revenu net est proche du chiffre d'affaires — mais ce revenu reste modeste, souvent autour de 35 000 € par an. Avec une pension représentant 30 à 40 % du revenu (de l'ordre de 1 100 € par mois), la baisse de niveau de vie dépasse fréquemment 60 %. Le complément personnel mérite d'être anticipé.
Les leviers d'optimisation
- Le Plan d'Épargne Retraite (PER) — déductible dans la limite du plafond fiscal, il a remplacé le Madelin et reste un levier fréquemment utilisé.
- Le rachat de trimestres — décisif après des interruptions de carrière (maternité, temps partiel, reconversion).
- Le report du départ — pour limiter la minoration et accumuler des points.
- Une prévoyance adaptée — les indemnités CARPIMKO ne démarrent qu'au 90e jour d'arrêt.
La simulation chiffre l'écart en quelques minutes ; un conseiller peut ensuite calibrer le PER, le rachat de trimestres et la prévoyance.
Sources : CARPIMKO, CNAVPL (paramètres, réforme de la complémentaire). Les montants moyens sont des ordres de grandeur et ne constituent pas une simulation individuelle.