Qu'est-ce que la CARPIMKO ?
La CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes) est l'organisme chargé de gérer la retraite obligatoire — et la prévoyance invalidité-décès — de cinq professions paramédicales libérales. Créée en 1949, elle fait partie du réseau des dix sections professionnelles de la CNAVPL, aux côtés de la CARMF, la CAVP ou la CIPAV. Comme toutes ces caisses, elle fonctionne par répartition : les cotisations des actifs financent directement les pensions versées aux retraités actuels.
Sa mission et sa gouvernance
Contrairement au régime général des salariés, les professionnels libéraux ne cotisent pas à l'Assurance Retraite mais à leur caisse de profession. La CARPIMKO collecte les cotisations de ses affiliés, gère leurs droits à la retraite tout au long de leur carrière, verse les pensions une fois l'âge légal atteint, et assure une couverture invalidité-décès indépendante du calcul de la pension. Elle est administrée par des représentants élus des professions qu'elle couvre, qui fixent chaque année les paramètres du régime complémentaire (taux de cotisation, valeur du point) dans les limites fixées par la tutelle de l'État.
Une caisse, trois régimes
Ce qui distingue la CARPIMKO d'un régime de retraite classique, c'est l'empilement de trois régimes aux règles de calcul totalement différentes :
- Le régime de base, aligné sur celui de l'ensemble des professions libérales (CNAVPL), calculé par points selon les cotisations versées chaque année, dans la limite d'un revenu plafonné au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).
- Le régime complémentaire (RCO), propre à la CARPIMKO, avec des cotisations réparties en classes selon le revenu déclaré, et un rendement du point spécifique à la caisse — c'est ce régime qui pèse le plus dans la faiblesse relative des pensions CARPIMKO.
- Le régime invalidité-décès, qui protège l'affilié et sa famille en cas d'incapacité ou de décès prématuré, sans effet direct sur le montant futur de la pension de retraite.
Un cas pratique : Camille, kinésithérapeute de 42 ans
Camille exerce en libéral depuis 14 ans et dégage un revenu annuel moyen de 58 000 €. Sur son relevé de carrière CARPIMKO, elle retrouve trois lignes distinctes : des points de base accumulés selon ses cotisations plafonnées, des points de complémentaire acquis selon sa classe de cotisation, et une ligne invalidité-décès qui ne génère aucun point de retraite. En simulant sa carrière jusqu'à 64 ans, elle découvre que sa pension totale représenterait un peu moins d'un tiers de son revenu d'activité actuel — un écart qu'elle n'avait jamais mesuré aussi précisément avant de consulter son relevé en détail.