Comment fonctionne la retraite du pédicure-podologue ?
Le pédicure-podologue libéral cotise à la CARPIMKO, comme les infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes. Sa retraite combine quatre régimes (base, complémentaire, ASV et invalidité-décès). Mais une singularité le distingue : une activité à cheval entre soins conventionnés (remboursés) et actes hors nomenclature (semelles, soins de confort) — ce qui pèse directement sur sa retraite supplémentaire.
Quatre régimes, trois pour la pension
- Le régime de base (CNAVPL) — par points, une cotisation proportionnelle au revenu, à taux principal jusqu'au plafond puis réduit au-delà.
- Le régime complémentaire CARPIMKO — par points, la part la plus importante de la pension.
- L'ASV (Avantage Social Vieillesse) — réservé à la part conventionnée, cofinancé aux deux tiers par l'Assurance Maladie.
- Le régime invalidité-décès — cotisation forfaitaire unique (forfait revalorisé périodiquement).
La réforme de la complémentaire
Depuis cette réforme, la complémentaire CARPIMKO est intégralement proportionnelle : un taux unique proportionnel sur les revenus compris entre 0,5 et 3 PASS remplace l'ancien forfait. Les points dépendent désormais du montant cotisé (valeur du point revalorisée périodiquement).
Les soins podologiques conventionnés ouvrent l'ASV (cofinancée par l'Assurance Maladie), mais les semelles orthopédiques, les soins de confort et la pédicurie non médicale en sont exclus. Un podologue très orienté « hors nomenclature » cotise moins d'ASV — et accumule donc moins de droits à retraite supplémentaire sur cette part.
Âge, taux plein et charges spécifiques
L'âge légal est de 64 ans et le taux plein s'obtient à 67 ans (ou 172 trimestres). À noter : l'équipement d'un cabinet de podologie (podoscope, fraiseuse, atelier de fabrication de semelles) représente un investissement spécifique ; ces charges sont déductibles en BNC réel mais pèsent sur la trésorerie, donc sur la capacité à épargner pour la retraite.
Le vrai enjeu : une pension modeste
Avec un revenu d'activité (BNC) souvent autour de 43 000 € par an et une pension de l'ordre de 1 300 € par mois pour une carrière complète, la baisse de niveau de vie approche 60 % — et davantage encore lorsque la part conventionnée (donc l'ASV) est faible. Le complément personnel mérite d'être anticipé.
Les leviers d'optimisation
- Le Plan d'Épargne Retraite (PER) — déductible dans la limite du plafond fiscal, il a remplacé le Madelin et reste un levier fréquemment utilisé.
- Une prévoyance adaptée — d'autant plus que la CARPIMKO ne complète plus les indemnités maternité depuis 2025 et ne verse d'IJ qu'au 91e jour d'arrêt.
- Le rachat de trimestres — utile en cas de carrière courte ou interrompue.
- Le report du départ — pour limiter la minoration et accumuler des points.
La simulation chiffre l'écart en quelques minutes ; un conseiller peut ensuite calibrer le PER et la prévoyance.
Sources : CARPIMKO, CNAVPL (paramètres, réforme de la complémentaire). Les montants moyens sont des ordres de grandeur et ne constituent pas une simulation individuelle.